Samedi 8 octobre 2011 6 08 /10 /Oct /2011 18:05

My Little Princess (Eva Ionesco, France 2010)

 Dans les années 70, Eva Ionesco, alors enfant, servit de modèle aux clichés érotiques de sa mère, la photographe Irina Ionesco. Ce film constitue l’exorcisme, sous la forme d’une libre adaptation cinématographique, d’une expérience personnelle extrêmement douloureuse. Il ne s’agit pas pour autant d’un « règlement de comptes » : à travers ces images, à la fois sophistiquées et morbides, Eva rend, en quelque sorte, hommage à l’univers visuel de sa génitrice, « monstre inconscient », explique Isabelle Huppert (admirable interprète de ce rôle), mère cruelle, mais éprise, en même temps, d’un amour fou pour sa fille, et croyant faire son bien au moment où, allant « beaucoup trop loin », elle la dépossède de son enfance, et n’hésite pas à creuser un fossé entre la fillette et les autres élèves de son collège. C’est dire que ce film, qui avait tout pour être choquant, échappe à tout exhibitionnisme malsain, et constitue une véritable réflexion sur le fameux « droit à l’image ».

« Princesse » : c’est bien dans le monde des contes de fées que nous nous trouvons. L’histoire de Peau d’Ane ne repose-t-elle pas sur un désir incestueux, bien présent dans ce film, et dont notre héroïne est le malheureux produit (« Le père, martèle la photographe abusive,  est une anomalie de la nature») ? Dracula, imité, au plus fort de sa révolte, par l’enfant, n’est-il pas roumain ? Nous voici dans un « imaginaire » d’autant plus inconfortable qu’il touche aux premières années de la vie : pensons à Zéro de Conduite, à Allemagne Année Zéro, à Tomboy, au Gamin au Vélo… Et ce n’est pas un hasard si le final nous rappelle irrésistiblement celui des Quatre Cents Coups de François Truffaut…

                Claude

Par Christine
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Dimanche 2 octobre 2011 7 02 /10 /Oct /2011 15:30

Melancholia

 (Lars von Trier, France, Danemark, Suède, Allemagne,  2011)

" Melancholia ", c’est le trouble qui affecte Justine (Kirsten Dunst), le jour de l’imposant mariage que lui a organisé sa sœur, l’énergique Claire (Charlotte Gainsbourg). La limousine des fiancés se coince entre les lacets d’une route montagneuse ; le père de la mariée dérobe des petites cuillères ; la mariée elle-même s’absente de plus en plus souvent de la fête dont elle est, en principe, le centre – avant de coucher avec l’un des invités, de telle sorte que  dès le petit jour, les nouveaux époux se séparent…

 "Melancholia ", c’est le nom d’une planète qui se livre, avec la Terre, à une « danse de mort » (se rapprochant, s’éloignant, se rapprochant encore…), avant de définitivement la percuter, annihilant toute existence dans l’Univers, si toutefois on en croit Justine, qui estime que seul notre astre est habité. Et c’est alors que la panique s’empare de Claire et de son mari, tandis que Justine reste étonnamment sereine, calmant l’angoisse de son jeune neveu en l’invitant à construire, ultime et dérisoire refuge, une « cabane magique », triangles de branchage qu’absorbera impitoyablement la rotondité de la maléfique planète. C’est qu’il y a dans la mélancolie un mystérieux Savoir, proclamé dès l’Antiquité, et qui met Justine « en phase » avec tous les cataclysmes susceptibles de nous anéantir.

Ralentis allégoriques qui « programment » l’ensemble du film, mariage tout neuf qui se délite, blagues de potaches, scènes de la vie pré ou post-conjugale (les parents des deux sœurs : Charlotte Rampling et John Hurt), musique wagnérienne, Apocalypse pour maintenant, voici un bien curieux film, superbement filmé et interprété, à la fois drôle, solennel, inquiétant et fascinant.

            Claude                          

Par Christine
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Lundi 26 septembre 2011 1 26 /09 /Sep /2011 17:39

Après le film de Nadine Labaki " Et maintenant on va où ?" nous restons au Moyen Orient avec " LE COCHON DE GAZA", cochon bien vivant qui sort de l'eau dans le filet d'un pauvre pécheur palestinien qui n'attrapait dans ses filets que petits poissons et chaussures orphelines !

Que faire de cet animal impur quand on vit dans ce monde fermé de la bande de Gaza ?

Avec drôlerie, dérision, et burlesque, mais aussi humanisme, le réalisateur, Sylvain Estibal, décrit la vie rude à Gaza  et montre - sans ménager les 2 parties - l'absurdité du conflit  israélo- palestinien.

 

Ce thème, difficile, est ici traité comme un conte avec une belle interprétation, des personnages attachants plein de réalisme, dans une superbe lumière.

 

MTh. A

 

Par Christine
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Dimanche 18 septembre 2011 7 18 /09 /Sep /2011 15:41

   "Et maintenant on va où?"

 

   Bien sûr au cinéma Les Dianes!!! Voir ce 2ème film de la réalisatrice Nadine Labaki (Caramel, 2007).

Vie quotidienne et pittoresque dans un petit village qui ouvre une fenêtre sur le monde avec les absurdités des affrontements caricaturaux attisés par le fanatisme religieux... 

Mais comment venir à bout d'une telle fatalité?? Eh bien, grâce aux femmes, à leur ingéniosité, leur drôlerie, leur vitalité: lasses de pleurer époux et fils, elles cherchent par tous les moyens à repousser la guerre, veulent célébrer la beauté de la vie, avec ses joies et ses larmes.

Magnifique plaidoyer, traité avec délicatesse et humour pour une belle humanité.

Et, surtout, cette dernière scène du film, bouleversante, qui donnera la réponse à la question-titre du film.

   MTH ANGRAND

  

Par Christine
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Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 18:13

Habemus papam (film franco-italien de Nanni Moretti, 2010).

 

   À l’instar de Bartleby – personnage d’une nouvelle de son homonyme Herman Melville -, le cardinal Melville, élu pape par le Conclave, « préfère ne pas »… Scandale : comment un prélat, solennellement désigné par ses pairs, peut-il refuser de s’asseoir sur le trône pontifical? S’instaure alors une attente aussi insoutenable (pour les autorités religieuses, donc pour la planète tout entière !) que burlesque, qui ne pourra prendre fin que lorsque le malheureux, assumant une  fragilité humaine, trop humaine, aura publiquement « confessé » ses doutes quant à sa capacité à assumer son écrasante charge : tant pis pour l’infaillibilité papale…

C’est à travers l’opposition entre deux formes de spectacle que Moretti choisit de nous montrer ce « drame » admirablement incarné par un Michel Piccoli à la fois drôle, subtil et bouleversant : d’un côté les fastes ecclésiastiques (immenses défilés de costumes quasi felliniens,  foule des spectateurs qui remplissent la Place Saint Pierre…),  et de l’autre la vocation ratée d’un apprenti comédien devenu homme d’Eglise (cf. la splendide intrusion de toute la troupe du Vatican dans le « petit » théâtre tchékovien). Et l’universalité proclamée par le christianisme (c’est bien le sens de l’adjectif catholikos) ne s’exprimera plus que dans un loufoque tournoi « international » de volley, animé par un psychanalyste athée et darwiniste que les événements séparent provisoirement de ses patients…

                        Claude    

Par Christine
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