Dimanche 6 novembre 2011
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Le Courrier Picard, 4 novembre 2011
« La Programmation, clé de
voûte »
L’association Sauvons les Dianes attend des précisions sur le futur cinéma de centre-ville. Et notamment : qui se
chargera de la programmation ?
Patrice Soyer et Jean Karinthi, vous êtes président et vice-président de l’association « Sauvons les
Dianes ». Êtes-vous satisfaits de la tournure que prend le rachat des « Dianes » ?
Nous n’allons pas faire la fine bouche. Nous sommes contents qu’un cinéma reste dans le centre. Une salle, c’est
inimaginable. Deux salles et une troisième à vocation culturelle où on peut passer des films en 35 mm, c’est l’idéal.
Et deux salles ?
Ce sera probablement plus compliqué d’équilibrer la gestion, mais ce n’est pas rien déjà. On a beaucoup avancé depuis un
an et demi.
Le Centre d’animation culturelle de Compiègne et du Valois (CACCV) qui chapeaute l’Espace Jean-Legendre et le
Théâtre impérial est pressenti pour prendre la tête des salles.
Cela nous fait un peu peur. Ce sont avant tout des spécialistes du spectacle vivant. Sauf si le CACCV recrute un vrai
professionnel pour s’occuper de la programmation. Il faut une offre éclectique et de qualité, rentable financièrement. Il faut trois salles, 70 000 entrées par an, 250 films et un
programmateur avec de l’expérience et des réseaux.
Est-ce réaliste ? Avec six salles, la propriétaire, Laurence Meunier, se désole d’une fréquentation en
baisse, tombée à 38 000 entrées par an.
Vous avez vu madame Meunier faire de la pub ? Elle est passée à autre chose, au « Majestic », à son
extension. Elle est ambitieuse et l’ambition se respecte… Pour les « Dianes », elle s’est arc-boutée sur 38 000 entrées, il y a deux ans. Nous pensons que cette année, c’est
beaucoup plus. À un moment donné, on a vu des files d’attente. Par exemple pour The Social Network, le film sur Facebook. Un équilibre subtil de la programmation va être la clé de
voûte : des films porteurs qui font énormément d’entrées et, à côté, des films avec moins d’audience.
Les étudiants sont-ils une cible ?
De nombreux étudiants n’ont pas de voiture pour se rendre au « Majestic ». On va rencontrer les pôles
associatifs de l’Université de technologie de Compiègne (UTC), le 5 novembre. Il faut les fidéliser en baissant les tarifs. On a besoin d’une politique tarifaire qui s’acclimate à
chacun.
Avez-vous été surpris de l’évolution du maire ? Fermement opposé à la municipalisation au début, il évoque
maintenant un soutien technique et financier de la Ville.
C’est un homme politique intelligent. Son métier est de trouver le compromis le plus acceptable. Il a perçu l’attente
des Compiégnois, leur attachement à ce cinéma. 3 500 signatures sur une pétition, ça l’a intéressé. Il a regardé ça de près.
Avez-vous beaucoup de contacts avec lui ?
Il nous a reçus une première fois pour nous dire : pas question. La deuxième : on peut garder une salle.
Ensuite : pourquoi pas deux. L’association a eu une influence positive. On a un projet chiffré de reprise, on s’est renseigné et entouré de personnes compétentes.
Vous semblez prêts à gérer les salles qui resteront !
On n’a pas cette vocation. On est davantage une machine à idées.
Propos recueillis par Pierrig GUENNEC
Assemblée générale extraordinaire de l’association, le samedi 19 novembre, à 18h15, salles annexes de l’hôtel de
Ville, rue de la Surveillance à Compiègne.