Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 11:24

Si vous aimez :

   les dialogues ciselés,

   François Cluzet (non, il n’est pas paraplégique !), Julie Depardieu, Judith Godrèche, Ariane Ascaride,

   Ovide,

   les histoires suspendues, les histoires sans cesse reprises (patience…), les personnages qui ressurgissent,

   les bustes de Bouddha, les librairies, les hôtels parisiens, les appartements contigus,

   la musique de l’amour,

   l’amour indirect,

vous aimerez L’Art d’aimer, d’Emmanuel Mouret.

            Claude    

Par Sauvons les Dianes, l'équipe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 18:29

Ceci n’est pas un film (film iranien de Jafar Panahi et Mojtaba Mirtahmasb, 2011).

Jafar Panahi, réalisateur du Miroir, de Sang et Or et du Cercle, enfermé dans son appartement, en attente du verdict d’une cour d’appel, après sa condamnation, en décembre 2010, à 6 ans de prison et à 20 ans d’interdiction de faire des films, d’écrire des scénarios, de voyager et de donner des interviews, décide, puisqu’il ne peut pas tourner le nouveau film qu’il avait en projet, de raconter celui-ci devant la caméra d’un ami documentariste : après tout, on ne lui interdit pas de parler et de « faire l’acteur » ! La Fête du Feu bat son plein, un tapis figurera la chambre de l’héroïne, un iguane domestique rôde au milieu des livres, une dame n’arrive pas à confier à un voisin, le temps d’une brève sortie, son chien Mickey, le cinéaste téléphone à son avocate, les deux amis se filment l’un l’autre.

Est-ce un film, ou l’idée d’un film ? Une fiction, ou une oppressante réalité, sous les dehors d’un jour de fête ?

Jafar Panahi a vu confirmer sa condamnation.

Mojtaba Mirtahmasb a été arrêté le 18 septembre, et transféré à la prison d’Evin, à Téhéran.

Sept personnalités du cinéma sont actuellement détenues dans les geôles de la « république » islamique.  

Pourtant, « il faut que la caméra reste allumée », nous dit ce film, qui est bien un film, et des plus graves.

            Claude

Par Sauvons les Dianes, l'équipe
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 21:56

The Artist (film français de Michel HAZANAVICIUS, 2011).

Comme Chantons sous la Pluie (1952), The Artist traite du passage qu’effectua le cinéma hollywoodien, du muet au « sonore et parlant », dont on sait qu’il fut fatal à d’innombrables comédiens, y compris des stars, trahies par une voix qui ne « passait » pas. Mais contrairement au chef-d’œuvre de Stanley Donen et Gene Kelly, le présent film est en noir et blanc « d’époque », et muet – à l’exception d’un cauchemar du héros (sonore, mais non parlant), et de la toute dernière scène, parlante et sous-titrée, le héros ayant alors enfin accepté de figurer dans un film sonore. Là où on aurait pu craindre une parodie quelque peu lourde ou condescendante, le réalisateur nous offre un vrai film « comme à l’époque », mi-comédie, mi-mélo, avec ces lumières et ces ombres que les chefs-opérateurs américains étaient allés chercher du côté de l’expressionnisme allemand, des ouvertures à l’iris, et un escalier qui n’est pas loin d’évoquer celui de la banque des Espions de Fritz Lang (mais on peut aussi penser à la belle architecture intérieure de nos Dianes !).

Nous avons pu voir récemment à Compiègne, grâce au Festival du Film, sur un écran de cinéma, une salle d’opéra, une cantatrice et un orchestre fictifs, qui venaient redoubler la salle réelle où nous étions assis, ainsi que l’orchestre et la cantatrice « en chair et en os » que nous avions le plaisir de voir et d’entendre. Ici, de la même façon, ce film muet nous montre, en abyme, comment on faisait des films muets, puis comment on a cessé d’en faire. Spectacle sur le spectacle, déclin d’un acteur vieillissant que vient secourir une jeune vedette montante : impossible de ne pas évoquer le bouleversant Limelight (1952) de Charlie Chaplin, de même que les exploits du petit chien, sauveteur de son « cabot » de maître,  nous rappellent, du même génial auteur, A Dog’s Life (1918). Et la vente aux enchères des biens de George Valentin (superbe Jean Dujardin), et surtout son miraculeux come-back, « préfigurent », si l’on peut dire, la trajectoire de Fred Astaire dans Tous en Scène (Vicente Minnelli, 1953).

On voit donc que ce film « muet » ne se cantonne pas à la fin des années 20 et au début des années 30 : la musique qui accompagne la scène la plus dramatique, est celle que Bernard Herrmann composa pour Vertigo (1958) de Hitchcock, et ce dernier, réalisateur de Rebecca (1940), pas plus que le Fritz Lang du Secret derrière la porte (1948), n’aurait désavoué la séquence de l’incendie. Avec The Artist, on est bien, jusqu’au cou, dans le cinoche.

                Claude                

Par Sauvons les Dianes, l'équipe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 11:52

Les Neiges du Kilimandjaro (film français de Robert GUDIGUIAN, 2011).

Cela commence par un tirage au sort, moyen arbitraire de dénoncer, en le redoublant, l’arbitraire des licenciements « économiques ». Michel, militant CGT irréprochable, n’hésite pas à s’appliquer à lui-même cet arbitraire, s’imposant ainsi, malgré lui, la pré-retraite.

C’est donc tout naturellement l’une des jeunes victimes de ce procédé, qui va le rendre à son tour victime d’un braquage, plongeant toute la famille dans la stupeur et le désarroi. À partir de là, Michel remettra en question toutes ses années de travail et de militantisme : mes méthodes de lutte étaient-elles les bonnes ? Le jeune malfrat, quelque inqualifiable et nuisible que soit son acte, n’avait-il pas, comme disait Renoir, « ses raisons » ? Il n’y a pas, en politique et dans le combat syndical, de « ligne juste », qui tomberait du ciel ou de la volonté d’un Comité Central : le bien-fondé d’une action humaine doit être tenu pour inséparable de l’effort incessant par lequel  nous le soumettons à un examen critique.

L’ironie veut que ce soit le parcours d’une bande dessinée, la première qu’ait dévorée notre héros, qui fasse constamment rebondir l’intrigue : restituée à l’intéressé par son beau-frère Raoul, qui rend ainsi au vieux militant une part de son enfance, elle permettra à ce dernier, par un hasard quasi rohmérien, d’identifier leur agresseur. Et la fin du film nous apprendra que, loin de l’avoir acheté en toute légalité chez un libraire, Raoul a dérobé l’album à la mère de Michel – acte clandestin, mais perpétré dans l’intimité familiale de son bénéficiaire. Larcin, mais « pour la bonne cause », et en même temps signe d’une profonde fraternité, que l’on retrouvera dans les soins prodigués par le couple, d’abord séparément et à l’insu l’un de l’autre, à l’égard des jeunes frères du malfaiteur emprisonné, et qui aboutiront – hommage au Victor Hugo des Pauvres Gens – à une adoption, à la faveur d’un dénouement qui n’est pas sans rappeler celui du Fils des frères Dardenne.

« Mélo prolétarien », a-t-on dit de ce film. Certes, mais, par là même, assez inconfortable leçon de morale, et apologue politique.

                Claude

Par Sauvons les Dianes, l'équipe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 10:24

Le Courrier Picard, 4 novembre 2011

 

 « La Programmation, clé de voûte »

L’association Sauvons les Dianes attend des précisions sur le futur cinéma de centre-ville. Et notamment : qui se chargera de la programmation ?

 

Patrice Soyer et Jean Karinthi, vous êtes président et vice-président de l’association « Sauvons les Dianes ». Êtes-vous satisfaits de la tournure que prend le rachat des « Dianes » ?

Nous n’allons pas faire la fine bouche. Nous sommes contents qu’un cinéma reste dans le centre. Une salle, c’est inimaginable. Deux salles et une troisième à vocation culturelle où on peut passer des films en 35 mm, c’est l’idéal.

 

Et deux salles ?

Ce sera probablement plus compliqué d’équilibrer la gestion, mais ce n’est pas rien déjà. On a beaucoup avancé depuis un an et demi.

 

Le Centre d’animation culturelle de Compiègne et du Valois (CACCV) qui chapeaute l’Espace Jean-Legendre et le Théâtre impérial est pressenti pour prendre la tête des salles.

Cela nous fait un peu peur. Ce sont avant tout des spécialistes du spectacle vivant. Sauf si le CACCV recrute un vrai professionnel pour s’occuper de la programmation. Il faut une offre éclectique et de qualité, rentable financièrement. Il faut trois salles, 70 000 entrées par an, 250 films et un programmateur avec de l’expérience et des réseaux.

 

Est-ce réaliste ? Avec six salles, la propriétaire, Laurence Meunier, se désole d’une fréquentation en baisse, tombée à 38 000 entrées par an.

Vous avez vu madame Meunier faire de la pub ? Elle est passée à autre chose, au « Majestic », à son extension. Elle est ambitieuse et l’ambition se respecte… Pour les « Dianes », elle s’est arc-boutée sur 38 000 entrées, il y a deux ans. Nous pensons que cette année, c’est beaucoup plus. À un moment donné, on a vu des files d’attente. Par exemple pour The Social Network, le film sur Facebook. Un équilibre subtil de la programmation va être la clé de voûte : des films porteurs qui font énormément d’entrées et, à côté, des films avec moins d’audience.

 

Les étudiants sont-ils une cible ?

De nombreux étudiants n’ont pas de voiture pour se rendre au « Majestic ». On va rencontrer les pôles associatifs de l’Université de technologie de Compiègne (UTC), le 5 novembre. Il faut les fidéliser en baissant les tarifs. On a besoin d’une politique tarifaire qui s’acclimate à chacun.

 

Avez-vous été surpris de l’évolution du maire ? Fermement opposé à la municipalisation au début, il évoque maintenant un soutien technique et financier de la Ville.

C’est un homme politique intelligent. Son métier est de trouver le compromis le plus acceptable. Il a perçu l’attente des Compiégnois, leur attachement à ce cinéma. 3 500 signatures sur une pétition, ça l’a intéressé. Il a regardé ça de près.

 

Avez-vous beaucoup de contacts avec lui ?

Il nous a reçus une première fois pour nous dire : pas question. La deuxième : on peut garder une salle. Ensuite : pourquoi pas deux. L’association a eu une influence positive. On a un projet chiffré de reprise, on s’est renseigné et entouré de personnes compétentes.

 

Vous semblez prêts à gérer les salles qui resteront !

On n’a pas cette vocation. On est davantage une machine à idées.

 

 

Propos recueillis par Pierrig GUENNEC

 

Assemblée générale extraordinaire de l’association, le samedi 19 novembre, à 18h15, salles annexes de l’hôtel de Ville, rue de la Surveillance à Compiègne.

Par Sauvons les Dianes, l'équipe
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Créer un Blog

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés